Je sors de chez le médecin hier, l'air est froid et dense, presque solide, je me retourne on voit le haut de la tour Montparnasse effacé par la brume, une vraie après midi d'hiver comme je les aime. Je traîne un peu dans le quartier, qui est à son habitude mort et riche, mais le décor reste. Je passe devant la pâtisserie Pierre Hermé, qui est plein de Japonaises leur guide à la main essayant de prononcer "chocolat". Je pense à Gilles qui en ce moment même au Japon se casse peut être les yeux devant son menu de sushi. Tout est si beau, les gâteaux scintillent, je repars avec un sac entier de douceur pour le prix à peine d'une paire de chaussure. Je mange mes macarons en lisant Testament à l'anglaise, il y est questions de repas si mauvais que franchement je suis contente d'être à ma place, la bouche pleine de chocolat. Cette nuit je n'arrive pas à dormir alors je tape sur mon ventre pour voir si ça bouge à l'intérieur mais pas de réponse, on ne jouera pas à faire du morse ce soir. Aujourd'hui je suis épuisée, les lendemains de vacances ont décidément toujours le goût du lundi.