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Finir en beauté
Ma grand-mère tient son rang, jusque dans ses derniers moments. Elle passe ses journées allongée dans un hôpital mouroir, où tous les pensionnaires fixent atone l'indicible au delà qui s'approche dangereusement, oeil dans le vide, et bouche pendante.
Elle, elle parle encore. Comme toutes les très vieilles personnes et les très jeunes enfants, son cerveau n'est plus câblé que sur une phrase ou deux.
"J'ai eu toute ma vie de l'excellent personnel", claironne-t-elle aux infirmières qui viennent s'occuper d'elle.
Sur sa feuille, l'interne a écrit "Etat stationnaire, malgré le côté théâtral".
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Parmi mes projets
(re) lire tout Deleuze, Jean-Henri Fabre et surtout me faire faire des vêtements sur mesure. Mais où? je ne vois que des tailleurs pour homme.
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Eté
Quoi de plus beau que les étés gris et froid? chaque journée ressemble à un cadeau. Souvent je pense que j'ai vécu tout ce que je pouvais vivre, et que la suite ne sera qu'une ennuyeuse répétition. Quand je suis dans ces pensées, je fais la liste des choses que j'aimerais faire encore, dans cette liste, il y a : regarder le ciel et les toits de Paris, écrire, prendre des hallucinogènes (mon ancien psy m'avait même expliqué la marche à suivre dans les moindres détails), jouer bien de la guitare et connaître une expérience mystique. Sinon j'ai vu Le feu follet hier. Je ne l'avais jamais vu.
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Livres
Après une longue éclipse, j'ai (vaguement) recommencé à lire. Ces temps-ci, je lis l'oeuvre intégrale de Frédéric Berthet (avec une prédilection pour Daimler s'en va - que je relis tous les jours), et la Recherche du Temps perdu (ça doit bien faire la huitième fois que je la relis). J'ai recommencé par le côté de chez Swann, assez logiquement. Il y a ce passage sur les aubépines : "Et, essuyant mes larmes, je leur promettais, quand je serais grand, de ne pas imiter la vie insensée des autres hommes et, même à Paris, les jours de printemps, au lieu d'aller faire des visites et écouter des niaiseries, de partir dans la campagne voir les premières aubépines". Marcel Proust - Du côté de chez Swann.
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Tiens, tiens
"Raphael Daimler, quelles étaient vos intentions exactes en écrivant cette pièce? - Mes intentions exactes étaient d'écrire cette pièce." Et pan. Pas de photos, messieurs, pas de photos. Frédéric Berthet - Daimler s'en va (c) Editions Gallimard, 1988
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